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Philippe Mathy

« Sous la robe des saisons »

Le poète hainuyer (né en 1956) vient de remporter le Prix littéraire du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec ce livre de poèmes, assez copieux, « Sous la robe des saisons » paru aux éditions L’herbe qui tremble.



Mêlant textes en prose (comme ceux de carnets) et poèmes versifiés, le livre reprend certains thèmes d’ouvrages précédents, comme ceux de la nature et de l’empathie, et en amplifie les effets par une structure appuyée qui tresse les parties entre elles.
Hommage à des disparus, « La part de l’ombre » délivre ses moments d’émotion et de vérité. La « hache du deuil » frappe l’auteur et il sait trouver les mots pour accompagner ces amis disparus, il « cherche leur visage », « les morts » le secouent et « la vie grignote les visages ».
Mais l’amour ne cède rien à l’amitié : de fervents textes servent « Celle qui demeure », compagne, dont il chante les vertus, que sa poésie caresse et qu’il sait proche, fidèle, dont il « garde au creux des mains/ la rondeur (des) seins ».
Dans des poèmes simples d’un bonheur qui se gagne à l’observation du monde, le poète Mathy poursuit son œuvre, au fil de l’eau, au tissage des ombres, « dans le jardin », au filet des visages et du temps. Car, mine de rien, une métaphysique naît des sources poétiques : comme si écrire devenait pour le poète matière à dévider l’univers, à le conquérir, en simple passant, en exégète des choses simples : « Nous boirons un vin couvé dans le secret de la cave »
Plus loin, un peu sous la bannière du grand Jaccottet, Philippe consigne les réflexions sur le passage des saisons, leurs leçons, les usages d’une observation féconde et rigoureuse. On aime savourer ces moments de patience poétique, à l’abri de l’emphase. Sans doute y lira-t-on la suavité d’un regard penché vers la simplicité, sans doute devinera-t-on, sous les mots, une âme d’enfant qui se donne la mission de « graver chaque geste, chaque visage, chaque parole sur les pierres de la mémoire ».
Le livre recèle aussi un art d’écrire, loin des préceptes et des manifestes, et celui de rester parfois longtemps sans écrire. Puisque notre poète se donne, entre chaque œuvre, un long temps de cheminement et d’observation des choses pour mieux laisser décanter.
Les voyages, les autres inspirent et forcent l’adhésion car oui le poète adhère comme les couleurs du monde sur la toile.
A méditer et à relire.

Philippe Leuckx



J’ai déjà évoqué ici la belle écriture, riche d’humanité, de Philippe Mathy, qui vient de publier à L’herbe qui tremble éd. « Sous la robe des saisons ». « Ce sont les morts qui me secouent », écrit-il dans ce beau recueil où le deuil est bien présent mais où la lumière reste « obstinée », car demeurent avec nous « ceux dont les yeux pourtant peu assurés / nous dévoilaient des proues / pour défier d’autres matins ».
Et les poèmes - d’amour souvent, pour ne pas dire toujours - nous aident par leurs images sensuelles et « les mots de la halte » à « savourer les rondeurs du monde » dans des odeurs de foin. Un beau livre d’écoute.
Jean-Luc Wauthier a aussi salué cette parution (ici) (L’herbe qui tremble. 2013, 144p., 16€.)

Michel Baglin


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jeudi 30 janvier 2014

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Philippe Mathy
Sous la robe des saisons


L’herbe qui tremble
2013, 144p., 16€.)



Philippe Mathy

Né à Manono (Congo) le 17 juillet 1956, Philippe Mathy rejoint dès l’âge de 4 ans la Belgique. Il vit son enfance à Saint-Denis (Mons ), petit village entouré de bois et d’étangs. C’est là qu’il rencontre à l’âge de quinze ans le peintre et poète Yvon Vandycke. Celui-ci, visionnaire et tourmenté, lui ouvre les portes de la création contemporaine.
De 1976 à 1980, son père part travailler, habiter en Algérie. Possibilité de plusieurs voyages, expérience du désert. Le premier recueil, « Promesse d’île » salué par une préface de Norge, fut écrit pour une bonne part à Alger.
Mariage en 1980. Enseigne au Collège Notre-Dame de Tournai jusqu’en 2011. Trois filles : Aline (1981), Mathilde (1983), Charlotte (1985). En 1983, achat d’une maison - grand jardin, verger - à Guignies, petit village de la Picardie belge.
Philippe Mathy poursuit son chemin de poète, semé de quelques voyages, de rencontres amicales, et demeure passionné de peinture sans toutefois la pratiquer. Il a créé, en 1987, « Le front aux vitres », une galerie d’art installée dans sa propre maison. Il y a associe, à la présentation des peintures ou des sculptures, des lectures de poèmes accompagnées de musique.



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