
- Bruno Ruiz dégage dans un récital une force et un lyrisme extraordinaires. (Photo Georges Denneulin)
Je ne sais si le bonheur est dans le pré gersois, mais pour moi (et quelques autres, j’espère !…), samedi, il était dans la garenne. A Montesquiou, précisément. C’est là, dans les collines et à quelques encablures de Marciac (32), que se déroulait le festival de lecture à haute voix, « Rencontres de la garenne », huitième du nom.
Son nom, il le doit au pré en pente qui accueille les spectateurs, les comédiens, les artistes et sans doute aussi… quelques lapins.
Les mots à la fête

- Les stagiaires ont présenté une mise en voix de "L’Adolescent chimérique"
Mais ce samedi 12 septembre, la fête n’était pas pour eux ; ce sont les mots qui sont sortis de leur terrier. Les miens en l’occurrence, puisque j’étais l’invité de cette année. Et pour les porter, ces mots, ces vers, ces phrases, il y eut d’abord les participants d’un stage de lecture à voix haute qui ont expérimenté deux jours durant, sur les poèmes de « L’Adolescent chimérique », les techniques et l’art de dire.
J’ai pris le relais pour dialoguer avec le public et lire quelques extraits de mon dernier bouquin, « Chemins d’encre », qui cause justement des relations à l’écrit et à la langue.
Mais le moment fort fut, à la tombée de la nuit, sous les étoiles naissantes, le récital que Bruno Ruiz et ses deux musiciens nous avaient concocté à partir de mon « Alcool des vents ». La petite centaine de spectateurs présents est restée, comme moi, scotchée sur le pré. Je connais et admire Bruno depuis longtemps (cliquer ici pour lire son portrait) et j’avais toute confiance dans la surprise qu’il me (nous) réservait.
Mais le résultat a dépassé toutes mes espérances. Tantôt dit ou murmuré, tantôt proféré, tantôt chanté, mon texte a été porté à incandescence sur tous les modes. Pas le moindre contre-sens, ou le plus petit hiatus a relever de mon point de vue : j’ai eu la joie d’une confirmation : nous sommes bien « frères » en poésie.
La fête des amis
J’ai retrouvé dans ce paisible et beau village gersois bien des amis, et je crois m’en être fait d’autres parmi tous les membres, si chaleureux, de l’association organisatrice, « Les dits de l’Osse », à commencer par la présidente, Michèle Daill, et son mari, Alain.

- Le public s’installe sous les étoiles
Monter une telle manifestation dans un village de quelques centaines de feu suppose pas mal d’enthousiasme partagé, d’huile de coude et de foi en la littérature ! On sent qu’il n’en manque pas ici, et qu’on y entretient le feu de la poésie, des pages aux bouches et aux coeurs. La coquette petite bibliothèque de la commune, à elle seule, suffirait à vous transmettre le virus de la lecture !
Voilà une date à marquer d’une pierre blanche sur vos calendriers estivaux ! Je ne sais qui sera l’invité l’an prochain (il y eut d’autres pointures que la mienne par le passé, Lydie Salvayre, Michel del Castillo, entra autres), mais ce n’est peut-être pas le plus important. Le plus important, il me semble, tient à ces mots des écrivains et des poètes auxquels la chaleur humaine et la beauté du lieu confèrent un pouvoir de partage et de fraternité encore plus grand.
Et tant pis pour les lapins qu’on aura dérangés le temps d’une journée !
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