Pour 2008, Les jurés internationaux ont attribué le prix Prométhée à "La Sieste des hippocampes" de Gilles Verdet (Editions du Rocher) et le prix Max-Pol Fouchet à "Ciels de traîne" d’Adrien Montolieu (Editions du Castor Astral).

- le jury en 1996
- Les membres des deux jurys se réunissent à Paris. Ici en 1996. (Photo Jean-Pol Stercq
Un candidat devenu juré…
Je ne sais plus qui m’avait demandé mon témoignage d’ancien lauréat du prix Max-Pol Fouchet. Je l’avais rédigé il y a quelques années déjà et le propose ici, pour souligner l’esprit qui préside à aux réunions des deux jurys et, surtout, pour inciter d’éventuels candidats à participer à ces deux concours.
"Surprise. Un coup de fil de Guy Rouquet m’informe que mon manuscrit a été retenu par le jury régional. Il sera donc soumis, avec quelques autres, aux jurés internationaux du prix Max-Pol Fouchet. Peu enclin à participer à ce type de "compétition" (ce n’était que mon deuxième essai), mais séduit par la garantie d’anonymat qu’il offrait, je l’avais envoyé à l’Atelier imaginaire sans trop y croire. A telle enseigne que je l’avais adressé entre temps à un éditeur, qui l’avait accepté !
Le compte à rebours avait commencé, il devait s’achever sur un second coup de téléphone de Guy Rouquet m’annonçant que j’étais le lauréat de cette année 1988. Après quelques corrections demandées par des jurés attentifs, mon recueil, Les Mains nues, allait donc paraître aux éditions de l’Age d’homme, préfacé par Jérôme Garcin. J’étais évidemment ravi. Ce n’était certes pas mon premier recueil poétique, ni ma première publication, mais la reconnaissance de lecteurs anonymes, puis d’écrivains prestigieux, me donna, comme le déclara un autre lauréat quelques années plus tard, "l’intime conviction de pouvoir continuer". Et, plus que le "coup de projecteur" porté momentanément sur un livre, telle est bien la première vertu d’un prix comme celui-ci.
Une ambiance passionnée
D’autant qu’une invitation à la Décade de l’Atelier imaginaire l’accompagnait et que j’allais rencontrer à Lourdes des écrivains et des artistes devenus depuis des amis. Les lauréats du Concours général invités dans le cadre de l’opération "2000 jeunes pour l’an 2000", les comédiens, les musiciens, les chanteurs, les poètes, les nouvellistes, les romanciers, les bénévoles de l’Atelier, comme les multiples spectacles proposés, les conversations engagées au hasard des tables et des repas pris en commun, ou les discussions poursuivies tard dans la nuit à l’hôtel Alba, composaient une ambiance passionnée et chaleureuse, épargnée par les mondanités entachant généralement ce genre de manifestations. Bon enfant, l’atmosphère me convenait.

- En compagnie d’André Schmitz, Daniel Gélin et Guy Goffette. (Photo J-P. Stercq)
Aussi, comme beaucoup d’autres, ai-je inscrit sur mon agenda automnal un pèlerinage lourdais qui ne comprend pas de dévotions, mais une immersion bienfaisante dans un bain de cultures et, surtout, d’amitié. Pas question de me priver de la conversation de Vénus, de Martine, de Jean-Pierre ou d’Alain. Ni des histoires de Christiane ! De l’humour de Christian et d’Abdelkader. Des propos échangés avec ses voisins, dans le car, entre deux spectacles ! De rater une anecdote de Werner, un coup de gueule de Guy ! De me passer de cette ferveur des échanges à la terrasse de cafés devenus soudain littéraires, accoudé au comptoir avec Rachid, Luis ou Hélène.

- La bonne humeur règne parmi les jurés. De gauche à droite : Michel. Baglin, Patrice Delbourg, Christiane Baroche, Marie-Claire Bancquart. (Photo Jean-Paul Stercq)
Être entré dans le jury depuis quelques années n’a rien changé, pour moi, à tous ces bons moments. Sinon que d’autres s’y sont ajoutés, ceux de nos retrouvailles plus intimistes à Paris et de délibérations parfois serrées où la passion des uns et des autres mêle la défense des paroles riches de vie à la fête des mots. Avec scrupule et honnêteté, je crois. Ce qui, bien sûr, est la moindre des choses lorsqu’on est placé sous l’égide de Max-Pol Fouchet…"
