Après les poèmes d’ « Honneur au fantassin G, conscrit en Meuse » (Le Dé bleu), Pascal Commère nous donne avec « La grand’soif d’André Frénaud » une suite de proses – de « salutations » – qui sont autant d’explorations intimistes de l’œuvre et de la vie d’André Frénaud (1907-1993), qu’il fréquenta régulièrement durant les quinze dernières années de sa vie.
Rencontre de Bourguignons et de poètes autour d’un verre : on entre dans l’univers de l’auteur de "La Sainte Face » par le chemin de l’amitié et de la complicité. Car Commère a choisi « un angle », comme l’on dit, pour son approche : celui du vin, tant célébré dans l’œuvre de Frénaud. Le vin et l’ivresse. La « grand’ soif » qui met en perce les horizons. Qui parle d’un manque, d’une quête sans doute obscure à elle-même – quête du monde, de l’autre et, plus métaphysique, d’un dieu jamais là ni jamais très loin.
On y croise un Frénaud tantôt gouailleur et tantôt grave, une voix truculente ou profonde.

- Pascal Commère vu par le dessinateur Jacques Basse
« Avoir soif, c’est avoir mal », disent d’une même voix Frénaud et Commère. Tout en sachant bien que ni le vin ni la poésie ne pansent la blessure, mais que cette dernière la met à nu. Ce portrait-là est aussi fraternel que sensible et minutieux. On en redemanderait volontiers : quelques pages et quelques vers, pour la route.
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