Ce récit esquisse, d’une plume sensible et pudique, le portrait d’un taiseux dont le fils a toujours su l’affection sous les airs bourrus. Cette chronique d’une enfance modeste et des années heureuses doit son titre à la dyslexie qui fit d’abord trébucher l’enfant Jean-Claude Tardif sur les chemins de la parole avant d’en faire un écrivain (lire ici son portrait), auteur d’une quinzaine de récits et recueils de poèmes, tous d’une belle encre.
Dans son quartier « périféérique », chez ses grands parents ou son oncle, à la campagne pour un pique-nique, au « Café du pont », ou près d’une troublante cousine, ou encore au catch où l’emmenait son père – « entre hommes » - les souvenirs de Jean-Claude Tardif trament, sur la musique du jeune Julien Clerc lançant sa « Cavalerie », dans le parfum des jardins ouvriers et dans l’amitié des copains cheminots de son père, des histoires toutes simples du quotidien, de ces rituels et anecdotes qui donnent son prix, sinon son sens, à chaque existence.
Plein de malice et de nostalgie pour toutes les questions qui n’auront pas été posées, l’affection qui aura été tue, les secrets restés enfouis, ce beau récit témoigne en tout cas que dans le cœur de l’adulte, les jours et les années "père", pour le moins, auront compté double.
Lire aussi :
« La Nada », six nouvelles pour l’Espagnol