La deuxième vague des « Noms communs » de Georges Cathalo vient lessiver le sable noir de la bêtise ordinaire, battre contre le rocher têtu de nos pauvres habitudes. Oui, le poète est dans la cité et y a son mot à dire ! Cathalo ne s’en prive pas, dont les titres des poèmes disent assez qu’il s’attaque ici à forte partie : « Internet », « Zapping », « scoop », « audimat », « caddie », « must », « apartheid », « Tchernobyl » sont quelques-uns des « sujets » qui lui échauffent la muse… Pour notre plaisir quand il vilipende la putasserie publicitaire (« Soap ») ou celle de l’audimat, se rit du « Staff » et moque le « Briefing » ou « l’âme obèse » du touriste en charter. Bref, quand il dénonce ce qui se dissimule sous ces noms communs inscrits « dans un processus de conditionnement médiatique ».
C’est méchant et c’est bien : on ne conspuera jamais assez ce – et ceux – qui, dans notre société, s’évertuent à tout transformer en marchandise et en déchets. Mais Cathalo sait aussi prendre de la hauteur et de la profondeur avec ce laser qui fouille le ciel comme nos entrailles, « doigt pur ou obscène », les clés du « génome » (jusqu’à « l’ultime porte ») ou ce « Talweg » où l’air, l’eau et la terre s’aiment « dans l’utopie de l’unité ». Les dessins de Claudine Goux illustrent ce court recueil.