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Pierre Dhainaut

« Vocation de l’Esquisse »...

Déjà en 2010, avec « Plus loin dans l’Inachevé » , Pierre Dhainaut avait fait suivre ses poèmes (autonomes quant aux circonstances de leur rédaction, mais traversés par la même tonalité) d’un texte en prose qui revenait sur l’écriture et offrait quelques considérations éclairantes sur le poème et la poésie (qu’il faut distinguer). Il en est de même aujourd’hui avec « Vocation de l’Esquisse »...


La poésie de Pierre Dhainaut fait preuve d’une grande écoute aux mots. « Les mots se présentent », affirme-t-il dans « Un travail d’écoute » , le texte qui clôt ce nouveau recueil. Il ne s’agit pas de les ordonner, de les gouverner dès lors qu’ils se présentent à l’esprit mais de les suivre dans « les multiples directions qu’ils explorent ». Il faut alors « maintenir l’écoute à la hauteur exacte, humblement ». En continu, serait-on tenté d’ajouter. Aussi ne faut-il pas s’étonner de la diversité des « poèmes » ici regroupés : le vers est parfois bref comme dans la suite intitulée « Éveil au noir »  ; il se fait plus ample, tourne autour de l’alexandrin, le dépasse parfois pour atteindre les quatorze ou seize syllabes comme dans « La nuit jusqu’à son terme » ... Mais c’est toujours la même attention aux mots, au rythme d’une parole qui se construit patiemment en même temps qu’émergent les mots à la conscience...
« Un travail d’écoute » est l’écho du discours que prononça Pierre Dhainaut en mars 2010 à Strasbourg lors de la remise du prix de littérature francophone Jean Arp pour l’ensemble de son œuvre. Il y déclarait : « Je ne me fie ou plutôt le poème ne se fie qu’à certaines expressions que je n’ai pas cherchées, venues à l’improviste dans ces moments de distraction ou de détente, disons : entre deux portes, ou dans les minutes qui précèdent le sommeil, parfois qui lui succèdent. »
Ici, dans « Vocation de l’Esquisse » , cette écoute active peut se lire comme le moyen de cerner une transcendance qui ne renie pas le monde sensible, mieux, qui s’accorde avec lui. D’où ces poèmes traversés par une présence sans défaut du poète toujours disposé à accueillir l’autre...
Pierre Dhainaut terminait son discours de 2010 par ces mots : « Nous n’avons pas oublié notre finitude, nous n’avons pas cherché à la vaincre, mais le don est infini. » Comme la vocation.

Lucien Wasselin

Voir aussi :

Dhainaut, de l’écoute à la célébration

mercredi 26 octobre 2011, par Lucien Wasselin

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Pierre Dhainaut
« Vocation de l’Esquisse ».

Avec des encres d’Isabelle Raviolo.
La Dame d’Onze Heures éditeur,
90 pages,



Pierre Dhainaut

Pierre Dhainaut est né à Lille le 13 octobre 1935. Ce fils d’instituteur passe son enfance et son adolescence dans la ville ouvrière d’Armentières. Il s’installera quelques années plus tard (1957) à Dunkerque où il a enseigné et où il vit toujours.
D’abord proche des surréalistes (il a connu Breton et d’autres), il rencontre Jean Malrieu dans les années soixante et son influence sera déterminante sur son œuvre, qui s’ouvre en 1969 avec « Le Poème commencé » .
En 1971, il fait également la connaissance de Bernard Noël (il consacrera des études à ces deux poètes, ainsi qu’à Octavio Paz et Jean-Claude Renard).
Si le poète est discret, son œuvre est abondante, riche de plus de trente ouvrages publiés depuis 40 ans.
Il a reçu en 2009 le Prix de littérature francophone Jean Arp pour l’ensemble de son œuvre.



Bibliographie



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