
- Jacques Zabor, Photographie de Louis Monier
Publié par Le Moulin de l’Étoile, cet ouvrage qui a fait l’objet d’un tirage limité à 100 exemplaires (et d’une seconde édition limitée à 70 exemplaires) est en fait composé d’un seul long poème accompagné d’illustrations de Tudor Banus, d’un dessin original de Otto Ganz, d’une notice biographique et d’une photo (ci contre) signée Louis Monier. « C’est par surprise qu’il est tombé dans la mort », écrit Werner Lambersy, dont plusieurs textes sont devenus des spectacles poétiques grâce au talent de celui qui a joué sur les planches et devant les caméras, mais aussi réalisé des mises en scène et conçu des spectacles.
« Une éclipse non prévue
L’a dérobé comme l’ampoule
D’une minuterie
Qui n’aurait pas compté assez
Large pour la vie. »
Quelque chose cependant tient tête à la mort, qui doit aux paroles portées, « quand face à face / Debout dans la force du texte / Il fait obstacle / de son art à l’horreur ». Et le poème d’assurer :
« Mais il est là
Comme l’eau dans un puits
Inépuisable
Que la poulie de la parole
La corde usée du souvenir
Et le reflet
Dansant au creux du seau
De l’épiderme
Peuvent seuls permettre
De monter
Jusqu’aux lèvres »
