
"Déambulatoire", "Masques nus", "Les pages tournées"
Mon premier recueil, "Déambulatoire", est publié en 1974 par Guy Chambelland. Le même Chambelland qui éditera à nouveau, en 1976, "Masques nus".
Les poèmes de ce premier ouvrage ont été revus et ont fait l’objet en 2007 d’une nouvelle édition par Henri Heurtebise et sa collection Fondamente, sous le titre de "L’Adolescent chimérique".
Ces textes datés sont encadrés par deux ensembles récents, "Les pages tournées" et "L’étranger". C’est donc un dialogue qui s’instaure ainsi entre deux visages, ou deux moments, d’un même auteur, à plus de 30 ans d’écart.

"L’ordinaire" et "Quête du poème"
Michel-François Lavaur publie mon troisième recueil, "L’ordinaire", en 1977 à l’enseigne de Traces éditions.
Les poèmes qui le composent et ceux de "Masques nus" sont repris (augmentés) sous le titre de "Quête du poème" par Texture en 1986.

"Feux et lieux" et "Les Mains nues"
Toujours à Texture en 1982 paraît "Feux et lieux", préfacé par Jean Rousselot.
En 1981, c’est Jean Le Mauve qui m’avait publié une plaquette dans un joli format à l’italienne, "Le Marcheur".
Les poèmes qui la composent sont intégrés dans le recueil "Les Mains nues" préfacé par Jérôme Garcin, publié par l’Age d’Homme, et qui obtient le prix Max-Pol Fouchet en 1988.

"Jour et nuit" et "L’obscur vertige des vivants"
Peu avant (1985) Christian Dorrière avait retenu "Jour et nuit" pour ses éditions du Pavé.
"L’obscur vertige des vivants" suivi de "Terre pleine" est publié par Louis Dubost au Dé Bleu en 1994.

"L’Alcool des vents"
Enfin, le Cherche-Midi fait paraître "L’Alcool des vents" en 2003.
Le recueil, très vite épuisé, est adapté à la scène par le comédien Alain Bauguil et la saxophoniste Hélène Arntzen (photo ci-contre, de Jean-Pol Stercq).

- Le recueil avait été adapté à la scène par Alain Bauguil et la saxophoniste Hélène Arntzen
Le spectacle est donné à Lourdes, en ouverture de la Décade de l’Atelier imaginaire, à Toulouse au Théâtre Jules-Julien, puis en Provence, au théâtre du Fenouillet. Puis s’est le poète et chanteur Bruno Ruiz qui le met en voix et en musique, et le porte, d’abord au Festival de Montesquiou (Gers), puis à la Cave poésie de Toulouse. Pour écouter un enregistrement d’une séance de travail de cette représentation cliquer ici.

"Les Chants du regard"
"Les Chants du regard" (Privat éd. 2006) est un album, lui, où images et mots se répondent : le photographe Jean Dieuzaide m’avait ouvert à plusieurs reprises ses archives où j’ai choisi quarante photographies comme autant de coups de cœur pour les accompagner de proses poétiques.
De la lumière à l’encre, c’est donc un dialogue qui cherche à s’établir comme un partage d’émotions, un chant.
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Ce qu’ils en ont dit
« L’Alcool des vents »
Jacqueline Saint-Jean (…)
"Ici, l’écriture tout entière est mouvement de la mémoire nouant ses gerbes d’instants, de gestes, de rencontres. Ressac des riens, reflets et rumeurs. Musique intérieure. Célébration de la vie, ses ivresses, ses eaux basses, ses blessures. Avec ce qu’il faut de distance, d’humilité, de dérision parfois. Le réel est là, sans majuscule, et le lecteur s’accoude, « frère de comptoir ». Il écoute celui qui « trinque à tous les vertiges qui font l’homme incertain ». (…) En quatre mouvements amples portés par la même scansion incantatoire : chant d’ivresse, chahut d’enfance, salut au peuple silencieux des solitaires, des anonymes, des rebelles « à l’air du temps », ode buissonnière à ceux qui « s’arrêtent, se penchent, s’étonnent, s’interrogent », hors des sentiers battus du monde comme il va. Accompagnement profond, où « l’alcool des vents » rejoint « tous les poèmes qui font reprendre pied ». Un livre fraternel, fidèle au vif, « capable de réveiller eu chacun le poète qui s’est tu ».
Lucien Wasselin « Ce qui (…)
« Ce qui me frappe dans L’alcool des vents c’est ce désir de réalisme clairement affirmé mais qui ne se laisse pas réduire à un terne reflet de ce réel que l’économisme ambiant veut nous faire prendre pour l’horizon indépassable de la pensée : Michel Baglin est net : « Je rends grâce aux coups de vent, de chance et de tabac, à la dent du réel et à sa griffe de chat / qui toujours rattrape et déchire la puritaine, la frigide, la stérile réalité des réalistes. » (…) L’Histoire n’est jamais bien loin de ces poèmes : « À celui qu’on vit dans l’assemblée nazie les bras croisés quand les autres saluaient ; au maire qui n’inscrivit que son nom sur la liste des otages à fusiller ». C’est qu’il s’agit pour l’athée qu’il est de « laisser venir au monde tout le réel qu’on porte / et qui mûrit quand on écoute / et s’accomplit si l’on consent. » Oui, chez Baglin, tout est vrai ; qu’on le lise. Et il y a cette unité dialectique profonde entre le vers qui court vers ses vingt syllabes et le contenu qui vient de la vie et qui nous y renvoie… »
Max Alhau « Rendre grâce,
« Rendre grâce, tel est le souhait exprimé par Michel Baglin dans ce recueil, mais rendre grâce, comme il le dit, « à des riens ». Ce sont eux qui, par leur importance, constituent l’essentiel de sa démarche, ces « riens » qui, dans leur perception, leur appréhension, deviennent un témoignage et un éloge. Ce témoignage de la vie du poète se change peu à peu en un témoignage de la vie de tous les hommes. Ces événements, ces souvenirs, ces désirs contribuent à une écriture au souffle puissant entraînant le lecteur dans le sillage que trace le poète.(…) Dans ces pages au lyrisme discret et qui traquent la réalité, la magnifiant, Michel Baglin résiste à tout désespoir sous l’impulsion de la poésie. Aussi est-ce avec reconnaissance qu’il célèbre le monde des humains auquel l’écriture accorde un sens véritable. Dès lors, c’est au lecteur de « rendre grâce » au poète pour ce chant vibrant et incessant. »
Michel Passelergue « Après (…)
« Après avoir célébré « L’obscur vertige des vivants » (Le Dé bleu, 1991), Michel Baglin rend grâce de nouveau « à tous les vertiges qui font l’incertain ». Poème à la respiration ample (mais dans une tonalité quasi confidentielle qui exclut toute emphase), « L’alcool des vents » s’ordonne en quatre chapitres qui sont autant de litanies propres à chanter « la vie réelle, qui ne met pas de majuscules ». (…) Des métaphores de haut vol s’articulent ici avec des tournures familières, le subtil s’accommode des relents du quotidien le plus trivial pour nous donner à saisir « un plus grand réel à portée de mots ». (…) Avant de nous réchauffer le cœur de cette « humilité fraternelle que tout lecteur connaît quand il s’agrandit de l’autre, par la justesse des mots redevenu le même », l’alcool du poème doit son authentique degré d’incantation aux incertitudes renouvelées du poète davantage qu’a la seule « distillerie ronflante du réel ». Rendons grâce à Michel Baglin de nous le verser à l’état pur, nous procurant ainsi « un peu de vertige pour relancer la marche » et peut-être des « lendemains moins froids ».
Philippe Brassart « Michel (…)
« Michel Baglin a confié un jour qu’il convenait de « faire redescendre sur terre la poésie ». Assurément, les étranges poèmes qu’il vient de publier y contribuent. Étranges par la longueur inaccoutumée de leurs vers, et leur rythmique lancinante. Lui, l’athée, rend grâce. A qui s’adresser, faute de dieu, sinon au vent, aux arbres ou aux bêtes ? Pourtant, la ferveur dont il fait montre s’apparente à celle d’un croyant : « l’Alcool des vents » est un chant d’action de grâces, un hymne à la vie. (…) On ne ressort pas intact de cette lecture qui nous laisse titubant, inondés de nos propres nostalgies, de nos frayeurs intimes, exaltées comme le ferait un alcool fort. »
AIain Kewes « On reconnaît (…)
« On reconnaît le ton de Michel Baglin, qu’il écrive en prose ou en vers comme ici. Et quels vers ! Longs, amples, lyriques, d’une musicalité parfois déconcertante, pas de rythmique simple malgré la litanie, pas de cadence qui vous berce jusqu’au sommeil, non, des phrases qui s’effilochent et se ramifient comme un thème de Coltrane avec des syncopes, des ruptures à la Chet Baker. En même temps, ce long poème en quatre partie est une action de grâce, qui prend par moment des accents, sinon liturgiques du moins gidiens (celui des Nourritures). (…) Ça commence par un hymne aux ivresses, aux bouts de jours ou de nuits où les mots redeviennent possibles ; ça continue par une remembrance des paysages originels ; ça caresse les hommes et les femmes, amis ou anonymes, qui donnent la force d’espérer, le courage de se dresser et ça se termine, peu ou prou, par où ça avait commencé : la poésie, l’écriture, les mots un peu saouls qui en disent plus que les autres, et recréent le monde ».
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« Les Pages tournées »
Alain Kewes « Il y a dans (…)
« Il y a dans ce livre des passages sublimes, dans le droit fil de L’Alcool des vents ou de la Lettre de Canfranc, une lucidité sans pathos, sinon sans regrets, l’histoire d’un écrivain qui accepte le temps qui passe sans rougir de ce qu’il a été ni de celui qu’il est devenu mais qui ne saura jamais si écrire lui a fait manquer quelque chose, qui considère l’énigme de son ambigu trésor d’encre ».
Lucien Wasselin « En 1974,
« En 1974, Michel Baglin publie (il a alors 24 ans) son premier recueil, Déambulatoire, chez Chambelland. Il le republie aujourd’hui, sous le titre L’Adolescent chimérique, avec deux textes récents qui l’encadrent : une courte suite de poèmes intitulée Les Pages tournées et datée de 2004, et un poème, L’Étranger, daté de 2006. Cette structure du présent recueil est lourde de sens. (…)Le livre devient alors avec ses deux bornes actuelles une méditation sur la vie, une sorte d’autobiographie qui se déroule comme une spirale où se mêlent vers et proses, une autobiographie qui est comme un maelström charriant espoirs déçus et rêves à jamais en allés… Tout est alors remis en perspective avec ce moment de l’histoire qui est le nôtre : « Toi tu n’avais qu’à t’ébrouer pour te défaire des boues et l’espérance te tenait encore trop serré. / Tes révolutions trahies ont bien pâli, pourtant, depuis. » (…) J’aime dans Les pages tournées l’utilisation que fait Baglin de l’enjambement (parfois même d’une strophe à l’autre) : il y a là une forte charge d’émotion, c’est là que réside la poésie… « Chemin de contrebande et de traverse », écrit-il… À la fin, cette lucide et mélancolique méditation se coule dans un vers ample qui confine parfois au verset pour mieux s’emparer du réel qui est toujours complexe et n’existe que dans la durée. Aussi l’interrogation finale n’en prend-elle que plus de force et accède‑t‑elle à un tragique de tous les jours : « Se peut-il seulement que je t’aie survécu ? »
Georges Cathalo. « La poésie
« La poésie de Baglin a toujours pris sa source dans le questionnement ontologique : c’est là que le poète trouve sa principale inspiration. Sa lucidité et son courage lui permettent d’affronter l’effondrement des utopies, le tourment métaphysique et la déroute des illusions. Car, qui est-on vraiment, « étranger à soi-même » ? Après un long cheminement de près de 30 ans d’écriture, il faut avancer, « se lester en chemin, voilà toute l’affaire, peut-être ! Pour assurer son pas. ». Tout est là, dans ces lignes : le doute, la pesanteur, la marche, autant de thèmes récurrents et complémentaires. Grâce à un patient travail de tissage, détissage, retissage et métissage, le poète a repris ses anciens textes des années 74/78. Depuis Déambulatoire, son premier recueil, que de chemin parcouru et que de pages tournées ! « Les pages noircies, la cendre des écrits, que pèsent-elles trente ans après ? » : la réponse est contenue dans la question mais aussi dans cet « adolescent chimérique » qui constitue la partie centrale du livre, émouvant édifice dressé comme un défi, « avec des mots de survivant ». Cet ensemble est encadré par « les Pages tournées », suite de 5 poèmes écrits en 2004 et par « L’étranger », daté de 2006, en fin d’ouvrage, référence même pas voilée à Albert Camus, comme un ancrage fort dans un univers où se bousculent le doute et l’espoir. »
Jean Chatard « Mélancolique (…)
« Mélancolique et désabusé, ce petit ouvrage d’une quarantaine de pages, de par son titre sans ambiguïté, « Les pages tournées », retrace la vie d’un homme enclin à privilégier la nuit. « L’adolescent chimérique » qu’il fut devient « L’étranger », celui que l’on tolère dans l’espace commun, celui que l’on invite avec scepticisme à partager des brindilles d’amitié. (…) Par le biais des mots du poème (le plus souvent en prose), Michel Baglin règle un compte à son passé, à son métier (de journaliste), à ces milliers de pages rédigées dans la ferveur et qui, au final, ne représentent qu’un petit tas de cendre, de poussière. (…) Avec « Les pages tournées », c’est le bilan d’une vie d’homme, avec ses failles et ses espoirs déçus, qu’il met en évidence. Il oublie toutefois de préciser que, pour évoquer une telle solitude et un tel désarroi avec une semblable maîtrise, il lui a fallu beaucoup, beaucoup de talent.
Jacmo. « Trois pans dans (…)
« Trois pans dans ce recueil, toujours composé avec Michel Baglin comme une œuvre musicale. D’abord sous le titre général, une sorte de bilan de d’écriture, avec une pointe d’amertume, un certain gaspillage de temps perdu pour quelques rares pépites sauvées. Ensuite : « L’adolescent chimérique », écrit entre 1970 et 76, où l’auteur essaie de renouer le dialogue avec le jeune homme qu’il fut, en reprenant certains épisodes qu’il a connus, pour les reconstituer d’abord puis les analyser à nouveau. Sans tomber dans la schizophrénie, il s’entretient avec celui qu’il était, retisse les aventures achevées ou avortées, toutes cruciales cependant. Le texte final « L’étranger » (de 2006) dresse un dernier bilan avec le recul de l’âge (trente ans plus tard !) et semble abandonner totalement la chrysalide de la métamorphose comme la dépouille de quelqu’un d’autre. Ce livre ternaire repose sur les leçons de l’âge, l’expérience acquise au cours d’une existence passée à écrire et à vivre. Le Michel Baglin actuel a donc pris la mesure de toute une vie et tourne avec la lucidité du recul les pages, les jours et les heures de son passé jusqu’aux mots qu’il écrit précisément sur la feuille blanche étalée devant lui. »
Gilles Sicard « Ce recueil (…)
« Ce recueil refermé, on reste immobile sous « l’écorchure du désir », les meurtrissures de toutes les ferveurs… Celles de Michel Baglin… Les nôtres, un peu, beaucoup ?… Puis on tourne les pages à nouveau, pour glaner dans l’exceptionnelle densité poétique générale quelques bonheurs d’écriture particuliers, de « l’orgie des volcans » au « ballet des orages », en passant par « la bohème des nuages »… les « manèges d’étoiles »… « le silence en bouquets sur les morts »… « l’harmonie, visiteuse du soir » . Quand on laisse enfin le livre, c’est sur le bureau, à portée directe des mains tout à l’heure. »
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Voir aussi :
Michel Baglin : dernières publications
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