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Georges Drano

« Tant que Terre »

Quels rapports entretenons-nous avec la Terre ? Quels sont les pouvoirs de la parole ? Ceux de la peinture ? A toutes ces questions existentielles Georges Drano s’efforce de répondre dans ces poèmes tant en vers qu’en prose.




La Terre, pour le poète, c’est avant tout ce lieu où le poids des traditions permet de prolonger une histoire, de faire surgir du passé des scènes intemporelles. De là des tableaux qui s’imposent par leur force, ainsi des paysans d’autrefois et de toujours : « Ils étreignaient une terre qui consumait sa dot de fumures et de graines, mais l’humeur même des bêtes au labour pèserait sur l’avenir. Et le temps. Et le secours des premiers nuages. »
Au fur et à mesure que l’on pénètre dans la poésie de Georges Drano, ce sont des visions qui s’imposent toujours en rapport avec les hommes, avec la parole donnée et son pouvoir. Des visions terrestres qui soulignent la permanence des choses, des êtres, la fusion avec la terre : « L’homme se penche sur la terre / avec des gestes anciens / et il n ’existe aucune équivoque / entre le cri froid d’une lame tranchante / et la rumeur chaude des blés. »
Aussi, çà et là Georges Drano sait-il s’attacher à telle ou telle représentation, à telle scène qui parfois se réfère à un passé légendaire ou à une réalité souvent violente, ainsi de ce portrait du chasseur : « Ce qu’il dit dans son bonheur hilarant nous glace, et le récit de ses exploits conduit sa lèvre au tremblement. » Mais ces scènes, ces tableaux ne cessent d’affirmer la prééminence de l’homme, sa solidarité avec les éléments, avec la Terre et c’est une sorte d’entente fraternelle qui s’établit alors entre l’être et la matière.
Dans la dernière partie : « Le vaste atelier », Georges Drano examine les liens entre la peinture et le monde. Ces poèmes en prose, d’une facture plus abstraite, servent de lien avec ce qui précède et le glissement des couleurs vers la réalité s’opère par le biais des mots nimbés de clarté : « Un passage nous éclaire – l’impatiente blancheur transparente – lumière hasardeuse où notre souffle revient au seul jour de la toile. ».
Dans « Tant que Terre » à l’écriture bien charpentée, Georges Drano en appelle à la Terre, à ses habitants eux-mêmes détenteurs de leur passé, de leur avenir. Les poèmes, comme autant de scènes vues, s’imposent par leur force suggestive, leur claire vision de notre monde.

( Éditinter – 88 pages. 14 € ).


Max Alhau



Lire aussi :

Portrait de Georges Drano par Michel Baglin

Entretien : « Fixer ce réel qui nous échappe... »

Lecture de quelques recueils par Michel Baglin

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Lecture de « Tant que Terre » par Max Alhau

Lecture de « Un mur de pierres sèches » par Bernard Mazo

Lecture de « Premier soleil sur les buissons » par Michel Baglin

Hommage aux Drano par Lucien Wasselin



mardi 5 mars 2013, par Max Alhau

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Georges Drano

Né en 1936 à Redon (35), Georges Drano a vécu en Bretagne jusqu’en 1993 et réside maintenant dans l’Hérault. Il fut enseignant, aujourd’hui il organise et présente régulièrement des lectures publiques et participe à l’organisation de festivals de poésie (A la Santé des Poètes, les Voix de la Méditerranée). Et qui a obtenu le Prix de poésie Guy Lévis Mano en 1992.

Bibliographie

* Un mur de pierres sèches, poèmes, Éd. Atelier La Feugraie, 2009
* Temps autre temps, poèmes, Éd. la Porte, 2009
* Premier soleil sur les buissons, poèmes, Éd. Rougerie, 2009
* Ô sables (éd. La Porte) 2006
* La chambre du lac (acryliques de Jacques Galey, éd. Les Cent Regards) 2006
* Pour habiter, poèmes, post face de Serge Meitinger , éd. Le Dé Bleu 2006
* Le murmure de la vigne, éd. La Porte, 2005
* La route, éd. La Porte, 2004
* Tenir, éd. Rougerie, 2003
* Le col au vent, éd. La Porte, 2003
* La charette au charbon, éd. La Porte, 2001
* L’autre jardin, éd. La Porte, 2000
* Village, éd. La Porte, 1998
* Dans le passage et la nuit, éd. Rougerie, 1998
* Salut talus, éd. Rougerie, 1994
* Eau tirant les rêves, Groupement culturel breton des pays de Vilaine, 1990
* Présence d’un marais, éd. Rougerie, 1990
* La Lumière sous la porte, éd. Rougerie, 1987
* Pièces d’une même porte, éd. Folle Avoine, 1987
* La Maison conduit à la terre, éd. Rougerie, 1982
* Le chemin du jour touche au chemin de la nuit, éd. Rougerie, 1978
* Présence d’un marais, éd. Rougerie, 1975
* Poèmes choisis, éd. Verticales 12, 1975
* Eclats, Rougerie, 1972
* Inscriptions, HC, 1971
* La terre plusieurs fois reconnue, éditions Du Seuil/Ecrire, 1968
* La hache, Rougerie, 1968
* Parcours, Rougerie, 1967
* Visage premier, Rougerie, 1963
* Grandeur nature, éditions Sources, 1961
* La pain des oiseaux, éditions Sources, 1959

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