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Marie-Josée Christien

« Temps morts » & « Petites notes d’amertume »

Poète et critique, Marie-Josée Christien est aussi animatrice de la revue Spered Gouez. Ces multiples activités nourrissent les réflexions regroupées dans un recueil de « Petites notes d’amertume », mais aussi la sensibilité à l’œuvre dans son dernier livre de poésie, « Temps morts »



« La parole de Marie-Josée Christien prend racine dans nos renoncements intimes, elle épanouit ce qui chez nous mourait de ne pas être dit, elle incarne ce que nous rêvions de révéler au monde », écrit Pierre Maubé dans sa préface à « Temps morts » , livre publié aux éditions Sauvages (Illustrations de Denis Heudré. 54 pages. 12 euros.). En une brassée de poèmes brefs, Marie-Josée Christien répète certes qu’« on ne s’habitue pas / à se dissoudre / dans la nuit qui monte » et pourtant s’abandonne au silence, à l’immobilité, pour se glisser dans les interstices des jours (du temps ?). Laisser « aux mots le soin de veiller », c’est peut-être cela, se fier à la poésie. Et ils veillent d’autant mieux qu’ils recèlent « un secret de tanière et de lenteur », qu’ils appartiennent à ces parenthèses que sont les « temps morts », injustement dédaignés. Une façon de « s’enraciner plus loin à l’intérieur ».


« Les routes se dérobent
Nous laissent à nous-mêmes
Voyageurs inutiles
La destination est perdue
Dans la poussière du futur »


Là se tient peut-être l’essentiel, là où « tant de vie se tait en nous ». Avec Marie-Josée Christien, d’une écriture épurée, sans fioritures ni effets, le poème se fait donc puisatier.

« Petites notes d’amertume »,

Le site Recours au poème a accueilli en 2013 huit suites de notes de Marie-Josée Christien, sous la forme d’une chronique de « Petites notes d’amertume », maintenant réunies par les éditions Sauvages (66 pages. 12 euros). Claire Fournier, qui les préface, affirme que Marie-Josée Christien écrit, avec fermeté, « pour voir clair ». Et c’est bien en effet l’impression que laissent ces pages de carnets et d’aphorismes, « fragments irréductibles » recueillis sur le vif « comme pour un sauvetage en cas de force majeure ».
En quête « d’unité », avec « une perception physique et émotionnelle des mots » plutôt qu’intellectuelle, c’est dans un aller-retour entre l’extérieur et l’intériorité que l’auteure pose ses jalons dans son interrogation du monde, de l’art, du sacré, de la maladie, de la mémoire, de sa propre vie, etc. Elle ne manque pas à l’occasion d’être caustique pour moquer les égos de certains poètes, les travers d’universitaires, ou ces critiques qui se contentent d’être « paraphrase lyrique et exaltée de l’ouvrage » considéré. C’est plutôt sain et ça ne peut que soulager, mais le plus substantiel me semble résider surtout dans tout ce qui a trait à l’expérience de l’auteure, de la lectrice et de la revuiste (elle dirige la revue Spered Gouez), et encore à la personne qui croit en « la parole donnée ». Le lecteur ne sera probablement pas d’accord avec tout (et c’est heureux !), mais trouvera matière à bien des réflexions. Je retiens pour ma part des propositions comme : « Pour accéder à la pensée véritable, le plus court chemin n’est pas la ligne droite mais la spirale » ou « Ce n’est pas parce qu’on est en vie qu’on est vivant ». Et je me reconnais dans l’affirmation suivante : « La poésie n’a pas pour but d’expliquer le monde mais de le vivre intensément ».

Michel Baglin



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vendredi 28 février 2014, par Michel Baglin

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Marie-Josée Christien

Marie-Josée Christien est née en 1957 à Guiscriff dans le Morbihan. Elle vit à Quimper dans le Finistère où elle enseigne dans une école maternelle. Elle a publié pour la première fois, en 1979, dans la revue « Interventions à Haute Voix ». Depuis, ses textes poétiques, ses collages, ses chroniques et articles paraissent régulièrement dans une quinzaine de revues.
En 1991, elle a co-fondé la revue annuelle Spered Gouez éditée par le Centre Culturel Breton Egin de Carhaix : elle en est la conceptrice et la responsable de rédaction. Son œuvre est parue dans de nombreuses anthologies et l’un de ses ouvrages, « Un monde de pierres » , a reçu le Prix de Poésie de l’Association des Ecrivains Bretons. Marie-Josée Christien expose également, depuis 1984, en Bretagne : expositions collectives ou personnelles.
Membre du Jury du Prix du Roman de la Ville de Carhaix, elle appartient aussi au Comité de lecture de la revue Interventions à Haute Voix. Elle est également membre du CA du Centre Culturel Breton Egin de Carhaix.
En 2009, le prix Xavier Grall lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre.



Bibliographie sélective

« Un monde de pierres », photographie de Pascal Bodin, Éditions Blanc Silex, 2001, Prix 2002 de l’Association des Ecrivains Bretons
« Sentinelle », Citadel Road Éditions, 2002
« L’archipel intérieur », illustrations de Marc Bernol,Éditions Encres Vives, 2006
« Nul ne sait quel est ce monde », Éditions Mona Kerloff, 2006
« Lascaux et autres sanctuaires », frontispice de Marc Bernol, Jacques André éditeur, 2007
« Le Carnet des Métamorphoses » préface et illustrations de Jacky Essirard, Les Éditions Sauvages , 2007
« Conversation de l’arbre et du vent », photographies de Jean-Yves Gloaguen, Tertium éditions, 2008
« Pierre après pierre / Maen goude maen », encres de Didier Collobert, collection bilingue Galet bleu, Les Chemins Bleus/ Hentoù Glas, 2008
« Les extraits du temps », préface de Guy Allix, réédition, Les Éditions Sauvages, 2009, Prix des Bretons de Paris 2009



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