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Henri Heurtebise

Trois poèmes inédits

Henri Heurtebise - un ami de quarante ans bientôt ! - m’a confié trois poèmes récents et inédits, que l’on peut lire ci-dessous. On peut également découvrir sur Texture son portrait, des notes critiques concernant ses recueils et des entretiens.
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Le chant sans fin

Ce jour,
là,
comme aventure légère à travers le temps
qui me permettrait de cueillir
dire un nom
de fortune
d’atomes clairs
un nom qui voyagerait vers la vie
serait l’élan de la forme
un féminin dont on serait sûr
tes jupes douces dis-tu
le chant sans fin
sans alarme
où vivre serait simplement parcourir le lieu simple
nos jeudis de l’éternité
pour l’amour nécessaire.

31 janvier-2 février 2009


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Avec nature

Ainsi de suite
à pouvoir chanter
la toute-femme
sur l’horizon
brillant le ciel

O verdure
pluie de soleil
de dire
branche à travers
oui sans relâche
Aller très loin
jusqu’où la vie
peut aller
où d’anciens animaux
croiseraient le hasard
les grandes forces bruyantes

Comment s’appelle l’avenue ?

voir le hasard sourire
et d’amitié-d’amour
avec nature entrer
en compagnonnage.

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25 février-9 mars 2009

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Valentin 36


L’Histoire commençait
On parlait de grand soir
le soir immense
de Chagall

O mérite du bleu

Pop sous sa veste rit
et de ses grosses mains
empoigne le travail
qui se dérobe

La chanson sur le lac
et le pain que je veux
le voyage

Demain
oui, là,
légère
désirable
celle dont l’ondée fine
viendra fruitière
ouvrir le sas
chasser les sempiternelles

Jardin
dont je veux les pétales
les couleurs agitées du vent
les odeurs pâles féminines

Présent alors intenable
partout faisant le chemin
Réel de face
debout comme jamais
depuis que les sources ont jailli
que l’homme des parois s’illustre
que la femme s’enfièvre
de tous ses fruits
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Mon Adora
dit Picasso
ma sente
mon odalisque
monde humide des profondeurs
couvre le temps des villes pauvres
de ceux qui n’ont qu’un abri
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Ici la grâce inaccomplie du doigt
se pose sur la faille
dans l’abandon des plis
de la rose secrète
et la jupe est fendue
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La Poésie se dresse
et de ses mots soulève
chante femme et bien plus

Vers l’avenir s’étend
un brouillard tendre
Femme se penche
nue.
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7-16 février 2009

jeudi 16 avril 2009, par Michel Baglin

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Les recueils d’Heurtebise


XXe siècle (P.J. Oswald éd., 1966),
Chantecri (G. Cbambelland éd., 1970),
Bref (Louis Dubost éd., 1973),
Femmelande (Le Castor Astral éd., 1974),
Villeneuve (Revue Multiples N°18 éd., 1975),
Pour chaque semaine noire (Revue Multiples N°30/31 éd., 1980),
Aires de parlerie (Verticales 12 éd., 1980),
Longages quelques saisons (Tribu éd., 1982).
Le menu temps (Encres Vives éd., 1984),
Les poètes du Sud-Ouest (Multiples éd., 1985),
D’automnes (chez Rougerie, Poésie Présente N°75, 1990), 150 ex. tirés à part et 6 de luxe, épuisés.
Heures d’odeurs (Vesper éd., 1991), tirage limité à 50 ex. de luxe, épuisé.
L’inépuisable fini (Fondamente éd., 1991), tirage à 400 ex et 30 de luxe, épuisés.
Le chevet (chez Rougerie, Poésie Présente N°88/89, 1994), 200 ex. tirés à part, épuisé.
D’imaginie (chez Rougerie, Poésie Présente N°96, 1996), 200 ex. tirés à part. épuisés, et 10 ex. de luxe.
Adam et Eve (Fondamente éd., 1997), tirage à 400ex et 20 de luxe.
Humaine humain (Rougerie éd., 2000).
Monsieur de Non Juan (Noir et Blanc éd., 2000).
Filigranes (Encres Vives éd., 2004), illustrations de Giorgo Guani.
Chant Profond (Rougerie éd., 2005).

Les recueils disponibles peuvent être commandés en librairie ou chez l’auteur : 9 chemin du Lançon 31410 Longages.

"Il ne s’agit pas de revenir au temps de Hugo qui déclarait dans sa préface de Cromwell que l’art c’était finalement la vie. Il ne s’agit pas d’entretenir cette confusion (l’art en fait, c’est la vie mise en forme) mais il ne s’agit pas non plus d’avoir, au 20ème siècle, la naiveté inverse d’imaginer la vie muette : on sait, par Freud et par Lacan, que l’homme est traversé par le langage, qu’il est même sa seconde nature sur le plan individuel et social. Qui touche au langage touche à la vie de l’homme."



"Mes projets ? Continuer ce que j’ai entrepris depuis longtemps : ma revue Multiples, fondée en 1970 (avec René Cazajous),la collection Fondamente, créée en 1991 à la demande de quelques amis poètes, enfin, mes lectures à la librairie Ombres Blanches, lancées en 1987 sous le titre de « Saison poésie » , la cinquième saison, la plus belle, la plus intime, celle qui ragaillardit du dedans."

H.H (entretien avec MB)

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