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Louis Aragon

Un texte retrouvé

Une préface à « Une saison en enfer »

Après « Musée Grévin », Le Temps des cerises réédite dans sa collection Les Lettres françaises, « Une saison en enfer » d’Arthur Rimbaud. Mais ce n’est pas une édition supplémentaire de ce livre du génial ardennais. C’est beaucoup plus. A côté du recueil de Rimbaud qui donne son titre à l’ouvrage, on trouve deux autres textes : « Un cœur sous une soutane » et la célèbre « Lettre du Voyant. » Mais l’essentiel n’est pas là : est aussi donnée la préface qu’Aragon écrivit en 1930 pour une édition anglaise d’ « Une Saison en enfer » qui ne vit jamais le jour et une postface d’Olivier Barbarant. C’est donc un véritable dossier sur les rapports d’Aragon à Rimbaud et aux "rimbaldismes" en général.



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Louis et Elsa
Photo Gérald Bloncourt

Cette préface n’est pas tout à fait inédite. Si elle ne parut pas pour le projet initial, elle parut en 1930 à Belgrade à l’enseigne des Editions surréalistes dans l’almanach bilingue (serbe et français) Negomucée/L’Impossible. Elle fut ensuite reprise dans le n° 746-747 (juin-juillet 1991) d’Europe consacré à Arthur Rimbaud. C’est dire que ce texte d’Aragon est pratiquement inconnu de la majorité des lecteurs français.

Olivier Barbarant le remet en perspective avec d’autres écrits d’Aragon où Rimbaud est longuement analysé ou brièvement évoqué. Pour mémoire : « Puisque son nom est prononcé » publié en 1918 dans une éphémère publication, « Le Carnet critique », que le lecteur curieux peut aujourd’hui trouver dans le tome I de « L’Œuvre poétique » du Livre-Club Diderot (pp 53-57), « La Rime en 1940 » (postface au « Crève-Cœur » placée sous le signe de Rimbaud dès les premières lignes), « Arma Virumque Cano » (préface aux « Yeux d’Elsa » , 1942, où Rimbaud est encore cité dès le tout début), « Pour expliquer ce que j’étais » , un texte de 1943 publié en 1989 où Aragon revient longuement sur « la première génération rimbaldienne » et sa jeunesse (la troisième partie est intégralement consacrée à Rimbaud) et enfin la « Chronique du Bel-Canto » publiée dans le n° 11 de novembre 1946 d’Europe et consacrée à la publication dans la Bibliothèque de la Pléiade des « Œuvres Complètes » d’Arthur Rimbaud (par Rolland de Renéville et Jules Mouquet)...

Olivier Barbarant analyse ces textes avec sa rigueur coutumière. Il lit attentivement Aragon et met en évidence la constante de la pensée aragonienne qui se développe avec le temps, s’enrichit et se dépasse ; il fait ainsi un sort aux critiques malveillants qui pourraient reprocher à Aragon d’avoir écrit ce qu’il pensait de l’interprétation de Claudel de la poésie de Rimbaud et de s’être réconcilié avec lui en 1943... « Le changement de discours accompagne incontestablement une nouvelle époque stylistique et idéologique.
On est toujours trop prompt cependant à prétendre expliquer Aragon par la seule palinodie »
, ajoute-t-il. Et Barbarant de montrer comment Aragon aborde les différentes versions du rimbaldisme pour construire peu à peu sa lecture...

Cette nouvelle édition d’ « Une Saison en enfer » , avec ses compléments, la préface d’Aragon et l’appareil critique d’Olivier Barbarant est donc un précieux dossier qui permet au lecteur de se retrouver dans les différentes lectures faites de l’œuvre de Rimbaud. Mais aussi de lire sérieusement Aragon. Enfin, pourrait-on dire, même si l’on sait que le combat sera toujours à reprendre.

Lucien Wasselin



Références :

Arthur Rimbaud,
« Une Saison en enfer »,
Préface d’Aragon.
Le Temps des cerises, (collection Les Lettres françaises).
Paris, 2011, 122 p, 12 €.



Lire aussi :

Louis Aragon, toujours présent

Le « Musée Grévin » réédité

Louis Aragon : Un texte retrouvé



Les critiques de Lucien Wasselin


jeudi 15 décembre 2011, par Lucien Wasselin

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Récits, romans et nouvelles

Anicet ou le Panorama, roman, 1921
Les Aventures de Télémaque, 1922
Le Libertinage, 1924
Le Con d’Irène, 1927 (sous le nom d’Albert de Routisie)
Les Cloches de Bâle, 1934 (Le Monde réel)
Les Beaux Quartiers, 1936 (Le Monde réel), Prix Renaudot
Les Voyageurs de l’impériale, 1942 (Le Monde réel)
Servitude et Grandeur des Français. Scènes des années terribles, 1945
Aurélien, 1944 (Le Monde réel)
Les Communistes (6 volumes), 1949-1951 et réécrit en 1966-1967 (Le Monde réel)
La Semaine Sainte, 1958
La Mise à mort, 1965
Blanche ou l’oubli, 1967
Henri Matisse, roman, 1971 (°)
Théâtre/Roman, 1974
Le Mentir-vrai, 1980
La Défense de l’infini, 1986 (posthume)
Les Aventures de Jean-Foutre La Bite, 1986 (posthume)

Poésie

Feu de joie, 1919
Une vague de rêves, 1924.
Le Mouvement perpétuel, 1926
Le Paysan de Paris, 1926
La Grande Gaîté, 1929
Persécuté persécuteur, 1930-1931
Aux enfants rouges, 1932.
Hourra l’Oural, 1934
Le Crève-cœur, 1941
Les Yeux d’Elsa, 1942
Brocéliande, 1942
En étrange pays dans mon pays lui-même, (1943), 1945.
Le Musée Grévin, 1943,
La Diane française, décembre 1944
Le Nouveau Crève-cœur, 1948
Mes caravanes et autres poèmes, 1954.
Les yeux et la mémoire, 1954.
Le Roman inachevé, 1956
Elsa, 1959
Les Poètes, 1960
Le Fou d’Elsa, 1963
Le Voyage de Hollande et autres poèmes, 1964.
Il ne m’est Paris que d’Elsa, 1964
Elégie à Pablo Neruda, 1966.
Les Chambres, poème du temps qui ne passe pas, 1969
Les Adieux et autres poèmes, 1981.

Essais

Traité du style, 1928
Pour un réalisme socialiste, 1935
L’Homme communiste, 1953
Le Neveu de Monsieur Duval, 1953
J’abats mon jeu, 1959
Les collages, 1965.
Je n’ai jamais appris à écrire ou les incipit,1969
Pour expliquer ce que j’étais, 1989 (posthume)
Chroniques I (1918-1932), 1998.
Écrits sur l’Art moderne, 2011.

Œuvres complètes

Après les deux éditions de l’Œuvre poétique (en 15 volumes, puis en 7) aujourd’hui introuvables, l’ouvrage de référence est :
Œuvres poétiques complètes, Gallimard/Bibliothèque de la Pléiade, 2 volumes sous coffret.

Les Œuvres romanesques complètes sont en cours de parution, le 5ème et dernier volume devrait paraître en 2012. Gallimard/Bibliothèque de la Pléiade.

(°) Henri Matisse Roman qui regroupe essais, poèmes, articles, notes... est-il bien à sa place ici ? Aragon n’a eu de cesse de brouiller les genres...

Pour aller plus loin.
Pour une information la plus complète possible voir le site de Wolfgang Babilas, Louis Aragon Online (www.uni-muenster.de/LouisAragon).

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