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Monique Saint-Julia

« Un toucher de neige »

La neige sert une fois encore dans les poèmes de Monique Saint-Julia de passerelle entre les paysages extérieurs et intérieurs. En forme de célébration.




Monique Saint-Julia est peintre, mais plus que sa peinture, c’est son écriture qui évoque l’impressionnisme. Par petites touches, elle crée un univers à la fois de paysages extérieurs et intérieurs, qui se font échos à travers des images on ne peut plus simples, mais opérantes. Voyez ce héron qui décolle et son « envol empli d’une lente incertitude ». Voyez ces « lunes vénéneuses », ces « ciels abstraits ».

La neige est une de ses sources d’inspiration et elle lui a déjà consacré de nombreux poèmes et même un recueil. « Il m’arrive de la guetter le matin, présageant sa venue à travers le moelleux d’un ciel gris », avoue-t-elle, comme s’il s’agissait d’une gourmandise. « Neige attendue toujours comme une première fois », écrit-elle encore, reconnaissant là « une histoire d’amour qui grandit en moi ».

Elle lui inspire des scènes à peine esquissées sous « une complaisance de ciel gris » qui donne la tonalité du recueil. Les flocons sont « phalènes qui tourbillonnent ». Ils ont la « même grâce fanée que celle des papillons à bout de souffle ». Ils « se ruent dans la cour / où les enfants les dérobent / à grandes brassées de rire ». Voilà pour le monde extérieur, ce « toucher » opéré d’un pinceau léger.

Mais au-delà du « faste du blanc », on perçoit comme « un poudroiement secret ». C’est que la neige « pointe / son museau d’enfance ». Elle est certes un instant de cristallisation, quand « l’air n’aspire qu’à devenir visible », mais elle génère aussi cette « image confidentielle / à enfermer dans ses yeux / la vie durant ». Une de ces images auxquelles, sans savoirs toujours pourquoi, on reste fidèle et qui vous nourrissent secrètement.

Même si « tout ramène à l’assiduité du blanc / à l’oubli de soi », comme l’écrit Monique Saint-Julia, le paradoxe n’est qu’apparent : sa dilection pour la neige traduit son envie de se fondre dans la célébration, parmi « les enchantements innombrables d’un monde ouvert et entrelacé de surprises », ainsi que le note dans sa préface Jacques Tornay.
Écoutons-là chanter le dégel :

« Frissons d’herbes, mouvances, chuchotements
Rouages de sources tintantes
Qui roulent, courent, caracolent
Aussi émouvante qu’un hymne à la joie. »

A travers la neige, Monique Saint-Julia rend grâce à la nature et à la Terre qui occupent toute sa poésie.

(Éditions de L’Aire. 88 pages. Avec des gouaches de l’auteure. Avant-propos de Jacques Tornay.)
Michel Baglin



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lundi 4 septembre 2017, par Michel Baglin

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Monique Saint-Julia

Monique Saint-Julia est née en 1938 à Perpignan. Elle a commencé à écrire et à peindre très tôt, puis a pris des cours d’Art dramatique et de piano au Conservatoire de Musique à Paris.
Elle a publié pour la première fois en 1958, à Rodez dans « Entretiens sur les Lettres et les Arts » que dirigeaient Jean Subervie et Jean Digot.
En tant que peintre, elle a exposé à Toulouse (Galerie le Biblion), Nantes, Paris (Galerie Antoinette) et Galerie Colette Dubois, en Angleterre à Bath et au London Art à Londres. Elle vit aujourd’hui à Revel en Haute-Garonne.



Ses publications :

De mains pigeonnières et d’herbes libres, Guy Chambelland, 1973
La grippeminaude, Guy Chambelland, 1977
In « Le Coffret à Poèmes » éd. Saint-Germain-des-Prés, 1984
Belles Saisons, Guy Chambelland, 1988
Entre Jour, Le Tocsin des Mots, 2002
Un train de paysages, L’Arrière-pays, 2005
Claire-Voie, éditions N&B, 2008
Au Fil des nuages, L’Arrière-pays éd. 2009
Regards croisés » ed de l’Atlantique. 2012
On n’invente pas la neige, Friches 2011. Prix Troubadours 2012
Je vous écrit, L’ Aire éd. 2013
Un jour de plus à aimer, L’ Aire éd. 2015
Un toucher de neige, L’ Aire éd. 2017



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