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Georges Drano

« Vent dominant »

Comment parler du vent, le saisir dans son invisibilité, sa fugacité ? Quels sont ses rapports avec l’écriture ? C’est avec talent et conviction que Georges Drano consacre son recueil, « Vent dominant », au vent dont il évoque la présence en divers domaines. Pour en dire la variété, les domaines dans lesquels il règne et se manifeste, il emploie vers et prose.



Avec les mots le vent entretient des rapports familiers dans une sorte de course-poursuite jamais achevée : « On voudrait te tenir / au bout de la plume / au centre du buisson solitaire », écrit Georges Drano, mais souvent cette recherche d’une capture se révèle délicate : « Ici en entier dans la passe brève / du vent sans fin / des mots manquent ou se dispersent ». Pourtant la présence du vent ne peut qu’encourager à continuer ce travail et Georges Drano en vient a déclarer : « Le souffle qui passe entre les mots / Nous l’appellerions écriture. »
Mais ce sont surtout les différents aspects du vent que Georges Drano écrit, cette force sans cesse à laquelle les hommes sont confrontés où qu’ils soient. Le vent est alors considéré sous son aspect humain et ce sont les vents saisis dans leur diversité qui apparaissent au fil des pages : ainsi le vent d’autan dont la force est soulignée par des vers brefs aux sonorités évocatrices : « Vent cassant / durement possessif / les claques des tuiles / qui tombent. »
C’est aussi l’omniprésence du vent qui hante l’esprit du poète : « Le vent souffle le départ / pour mieux siffler le retour. » La violence du vent, nul ne saurait y échapper : « Le vent nous claque la langue / et nous ferme le bec / Depuis le temps qu’il nous casse les os / et nous ride la peau / il nous creuse les côtes / pour s’enfoncer en nous ».
Pourtant le vent ne saurait être l’adversaire de l’homme, il lui tient compagnie, une connivence s’établit entre eux, l’un et l’autre se côtoient, s’observent et s’affrontent. Ce sont ces divers rapports que Georges Drano observe et dont il fait part. Il écrit : « Alors il garde ses distances et se tient hors de notre portée. S’il disparaît c’est pour mieux revenir brusquement chercher notre réponse. »
Par la suite le regard de Georges Drano s’élargit, le poème change de forme et c’est en prose vers l’atmosphère du conte fantastique qu’il se dirige. Dans la suite appelée « Moment d’incertitude » il évoque quelques portraits de personnages se confrontant au vent, ainsi « Le voleur de vent » qui « savait garder le vent sur lui, dissimulé dans les doublures de ses vêtements ou confondu dans les plis d’une écharpe. »
Avec « Vent dominant » Georges Drano se livre à l’examen, à la relation de cette force incessante, à ses aspects les plus divers et l’écriture est là qui s’impose dans sa puissance suggestive, sa diversité à l’image même du thème abordé et traité avec une parfaite maîtrise.

Max Alhau



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samedi 22 novembre 2014, par Max Alhau

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Georges Drano :
« Vent dominant »

Rougerie,
(12 €. 64 pages. 12 €.)



Georges Drano

Né en 1936 à Redon (35), Georges Drano a vécu en Bretagne jusqu’en 1993 et réside maintenant dans l’Hérault. Il fut enseignant, aujourd’hui il organise et présente régulièrement des lectures publiques et participe à l’organisation de festivals de poésie (A la Santé des Poètes, les Voix de la Méditerranée). Et qui a obtenu le Prix de poésie Guy Lévis Mano en 1992.



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